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Bénin / Chronique : Campagne, au travail !

Bénin / Chronique :

Campagne, au travail !

Angelo Dossoumou

Inédite mais pleine de leçons. Auparavant, quand on parle de campagne électorale, c’était une fête, un temps où tout le Bénin s’arrête. Bureaux vides, classes abandonnées et, à la limite, personne ne trouvait que c’était anormal qu’un amalgame ait été longtemps entretenu entre le dévouement à sa fonction et à ses convictions politiques. D’autres, pour des jetons occasionnels à gagner trouvaient la bonne parade pour, pendant quelques jours, s’absenter de leurs postes. Ainsi, sur le dos de la campagne, l’administration publique tournait au ralenti et les usagers, parfois, n’avaient d’autres choix que de subir un phénomène qui a fini par s’incruster dans les habitudes.
Evidemment, comparaison n’est pas raison. D’ailleurs, avec seulement deux listes d’obédience présidentielle en compétition alors que, par le passé, la norme est la vingtaine, il fallait s’attendre à voir, ne serait-ce que momentanément, certaines pratiques disparaître. Dans tous les cas, la campagne en catimini pour les législatives du 28 avril prochain a ceci de bon qu’elle ne mobilise presque pas pour le terrain, les fonctionnaires de l’Etat. A première vue, cette nouvelle tendance peut être mise sur le compte du manque d’enjeu marqué par l’absence sur la ligne de départ des partis de l’opposition. Mais, cela pourrait aussi s’expliquer par une Rupture allergique à la transgression de l’éthique et de la morale. Qu’importe, l’essentiel est que malgré la campagne électorale, un phénomène décrié et nuisible pour l’économie nationale n’ait plus droit de cité.
D’où, si cette fois-ci, le contexte électoral est un paramètre qui a aidé à l’observance du principe sacro-saint de l’utile avant l’agréable, il s’agit désormais de trouver la bonne formule pour le pérenniser. Déjà, quand on sait qu’entre l’électeur, le contribuable et l’usager des services administratifs, il n’y a pas une différence, il est alors inconcevable de le priver même pour un laps de temps de ses besoins de citoyen. Dans ces conditions, campagne oui mais obligation contractuelle d’abord. Cela suppose, qu’en dépit du fait que les jours ouvrables ne doivent pas être sacrifiés à l’autel de la propagande politique, les acteurs disposent pleinement de leur week-end pour faire comme bon leur semble.
En somme, par ces temps-ci, le suivi administratif du personnel doit être non seulement de mise mais plus rigoureux. Ce n’est d’ailleurs pas, par hasard, que sous d’autres cieux, il est carrément exigé aux prétendants à des postes électifs, une démission de celui nominatif qu’il occupe. Malheureusement, au Bénin démocratique, cette règle idoine ne s’impose pas encore. En conséquence, ce serait justice qu’un distinguo de privilèges ne s’enracine à ce niveau. Et comme le bon exemple vient du sommet, il ne reste qu’aux décideurs d’en tirer les conclusions qui s’imposent.
Enfin, entendons-nous que la campagne électorale est un moment de fête mais pas de laxisme. De surcroît, pas à l’ère de la Rupture où le travail doit être célébré. Sinon, bien que la politique soit l’art de gérer la cité, pour une effectivité du développement, il faut des préalables. Et j’ose croire que ça n’a rien à voir avec les palabres et les amalgames servis à la table des naïfs. De toute façon, les plus avertis savent d’avance, le bulletin qu’ils mettront dans l’urne. En fin de compte, priorité au travail surtout que de nos jours, il y a mille et une manières d’être en campagne.

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