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Bénin / Chronique : Déclic pour trésors royaux !

Bénin / Chronique :

Déclic pour trésors royaux !

Angelo Dossoumou
L’audace et la persévérance. Ces qualités valent aujourd’hui au Bénin, une avancée notable du point de vue diplomatique. Et pour cause, improbable au départ, certains des trésors royaux pillés du temps de la colonisation sont bel et bien partis pour retrouver la terre natale. Du moins, 26 au total, ils ont fait l’objet d’un accord bilatéral qui les libérerait des quatre murs du musée du Quai Branly. Face à l’insistance des autorités béninoises, les Français ont mis de l’eau dans leur vin et du coup, déchaînent par ici, l’espoir d’une destination plus attrayante pour les touristes. D’ailleurs, c’est non seulement au nom de l’histoire mais aussi des avantages économiques liés à la restitution de ces œuvres par la France que les autorités béninoises se sont donné toutes les peines du monde.
Fort heureusement, qui sait demander et fait preuve de patience finit, très souvent, par avoir gain de cause. En attendant que le processus de restitution n’aille encore plus loin, que les 26 biens culturels promis n’atterrissent à Cotonou et soient présentés au public béninois, on peut d’ores et déjà, ne serait-ce que sur le plan diplomatique, se satisfaire d’un travail de qualité et espérer mieux. Car, avec ces 26 œuvres à restituer très prochainement, nous sommes encore loin du compte. Mais, un ‘‘tiens’’ vaut mieux que deux ‘‘tu l’auras’’ surtout que depuis deux siècles, jalousement, le colon l’a gardé et en a largement tiré profit. Alors, activons-nous pour accueillir, dans les conditions optimales, 26 des trésors royaux qui ont perpétué le règne du colonialisme.
Seulement, qui dit restitution doit penser forcément à déplacement et conservation. A priori, si le premier ne nécessiterait que la mobilisation des moyens financiers, visiblement, pour le second, c’est une équation à résoudre. Car, même s’il y a deux ans que la partie béninoise a manifesté le désir de récupérer ses biens royaux qui font jusqu’ici le bonheur du musée du Quai Branly, il est certain que s’il y avait possibilité, avant l’annonce de la France, les dispositions auraient été autres. Mais bon, pour l’instant, la conservation des 26 biens culturels annoncés sur le retour à Cotonou ne devrait pas être compliquée.
Toutefois, dans l’optique que la France fasse encore plus d’efforts pour libérer d’autres biens culturels et en vue de disposer d’un musée capable de les conserver et d’accueillir le maximum de touristes, il est préférable d’accélérer la construction d’une infrastructure adaptée, très sécurisée. En plus, avec ces biens royaux qui viendront donner une nouvelle dimension touristique au Bénin, il faudra veiller à la formation des gestionnaires de musée qui, sans doute, seront confrontés à une autre réalité. D’ailleurs, pour que la France lâche définitivement du leste par rapport à nos biens royaux, il dépendra de notre capacité à faire face à ces nouveaux défis.
En définitive, les présidents Macron et Talon nous donnent la joie de constater que la logique peut parfois éclipser les intérêts. Maintenant, après ce déclic diplomatique très capital, du côté du Bénin, les regards ne peuvent qu’être rivés sur la feuille de route et les échéanciers à venir en ce qui concerne la restitution des biens culturels. Et comme l’appétit vient en mangeant, à nous de ne plus lâcher prise.

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