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Bénin / Chronique : Echos du Rwanda pour dépigmentés !

Bénin / Chronique :

Echos du Rwanda pour dépigmentés !

Angelo Dossoumou

Saison de répression au Bénin, saison de répression au Rwanda. Si au pays de Talon, elle se mène actuellement pour la sauvegarde de l’environnement, chez Kagamé, c’est celle contre la dépigmentation qui, depuis quelques jours, retient l’attention. En amont, la police et le ministère de la santé rwandais ont déclenché une vaste campagne contre la vente des produits éclaircissants et ordre leur a été donné de sévir. De là-bas, les échos troublent déjà des sommeils à Parakou, Cotonou, Porto-Novo et à propos, sur les réseaux sociaux, l’initiative est diversement appréciée. Ceux qui n’ont rien à se reprocher et abhorrent la présence dans le voisinage de ces filles et hommes artificiellement clairs, sont ‘‘chauds’’ à l’idée que, sur ce sujet, le Bénin aille à l’école du Rwanda.
Evidemment, pendant qu’un Procureur de la République se débat, bec et ongles, contre les pollueurs de toutes sortes, qu’un grand ménage advienne pour préserver les mélanismes de vrais inconscients en perdition serait une propice œuvre de salubrité. D’abord, avec des teints sans aucune harmonie pour ne pas dire multicolores, franchement, cette race de dépigmentés gâte la vue aux honnêtes citoyens. Ensuite, sur le plan sanitaire, une peau mal éclairée et, c’est l’épiderme qui est très exposé notamment au cancer. Au mieux des cas, nos ‘‘Yovo forcés’’, vous obligent à prendre vos distances à cause des odeurs nauséabondes qu’ils dégagent. Si tout ceci est une sorte de pollution alors, le Rwanda fait bien et, on est vraiment bien curieux de savoir ce qu’en pensent les autorités béninoises.
Tout bien pesé, les réalités sociopolitiques entre les deux pays ne sont pas les mêmes. Ici, malgré l’objectivité de la campagne actuellement en cours au Rwanda, je parie qu’il y aura certains qui vous diront que nous sommes en démocratie. Certes, on ne peut vouloir le bonheur de quelqu’un contre sa volonté mais, on ne peut non plus ignorer qu’il est impérieux d’assister une personne en danger. Et, on ne le sait que bien, au Bénin comme ailleurs, beaucoup de femmes le font avec l’espoir d’améliorer leur beauté et séduire ceux qui préfèrent les peaux claires. Mais les conséquences, parfois, elles les ignorent.
D’où, s’il faut, dès à présent, travailler à disposer en ce qui concerne la dépigmentation d’un cadre légal afin de limiter les dégâts, personnellement, je n’y trouve aucun inconvénient. A cet égard, cette lutte contre le blanchiment de la peau devrait supposer l’interdiction stricte d’entrée sur le territoire national d’une liste de produits pharmaceutiques et de soins corporels. Et si le Bénin tient à épouser la logique du Rwanda, à ce travail de salubrité contre des produits dangereux, les dermatologues, la police et les représentants du peuple doivent être, en principe, associés. Mais, pour le moment, nous en sommes encore loin.
Toutefois, cette actualité au pays de Kagamé est une occasion pour rappeler surtout aux filles qui s’adonnent à la dépigmentation ou sont tentées de le faire que « Black is beautiful ». Là-dessus, on peut ne pas être tous d’accord mais, quand la santé est en jeu, je crois que sur ce plan, comme au Rwanda, le Bénin devrait se donner les moyens de sévir et de vraiment sévir.

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