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Bénin / Chronique : Les adieux de Houngbédji !

Bénin / Chronique :

Les adieux de Houngbédji !

Angelo Dossoumou

Un dernier discours au pupitre de l’Assemblée nationale, des mots de sagesse et une sortie de scène, la tête haute. Malgré son état d’âme qu’on peut facilement imaginer avec la non-participation de son Prd aux législatives du 28 avril prochain, une fois encore, le président Adrien Houngbédji a su garder une posture digne de sa réputation. Réaliste, il aura surtout compris qu’au-delà d’un climat de tension autour d’un processus électoral, l’enjeu, c’est le gain en maturité pour notre démocratie. Contre la violence, la remise en cause de l’ordre constitutionnel et de l’Etat de droit, le patriarche a pris de la hauteur et a mis la relève devant ses responsabilités.
Tenez ! Pour que la sagesse ait droit de cité dans la cité, il met de côté sa frustration et, en toute lucidité, appelle la classe politique à s’éloigner des tentations de l’aventure. Du moins, visiblement convaincu que la violence d’où qu’elle vienne n’est pas la solution pour aider la démocratie béninoise à gravir les échelons et à se hisser au rang des plus grandes, il invite les uns et les autres à retrouver les vertus du dialogue et du consensus sur les questions qui divisent. On l’aura noté, pour l’intérêt supérieur de la Nation, Houngbédji ne verse pas dans la démesure. Malgré les insidieuses invites à la révolte contre une mouvance à laquelle il appartient toujours, il a sans doute admis comme l’autre, qu’il ne sert à rien de se contenter d’une démocratie aisée, confortable mais qui, malheureusement, nous maintient dans la perversion.
En définitive, pour des adieux à l’Assemblée nationale, Adrien Houngbédji rassure son monde qu’il reste attaché aux valeurs qui fondent la République. D’ailleurs, un homme d’Etat, c’est celui-là qui, dans des contextes particuliers, sait se placer au-dessus de tout calcul ou posture politique. Et ça, avec un discours d’adieu et de vérité à ses collègues, personne ne peut le dénier à un Houngbédji qui a su, à plusieurs reprises, éviter le piège de la frustration. Déjà, en 2006, contre toute attente, il s’est montré bon perdant face à son challenger Boni Yayi. Victime du K.O en 2011, il n’a non plus trop tiré sur la ficelle. Nous voilà en 2019 et un processus qui met hors-jeu le parti arc-en-ciel riche de sa dizaine de députés. Pourtant, là encore, contre mauvaise fortune, il fait bon cœur.
Bien avant, l’exilé de la révolution ne s’est pas gêné pour soutenir, au second tour de la présidentielle de 1996, son bourreau. Avec tout ceci, il serait difficile, comme veut le faire croire dame rumeur, que toutes ces prises de position sont, à chaque fois, guidées par la compromission et des intérêts colossaux. De toute façon, pour ceux qui savent lire entre les lignes, l’auteur de « Il n’y a de richesse que d’hommes » et de la « Liberté au cœur », garde une constante : la préservation de la paix et de l’Etat de droit.
A présent, tout le mal que le Bénin démocratique peut souhaiter au leader des Tchoco-Tchoco, c’est qu’effectivement, il soit le témoin d’une démocratie qui se met au diapason du développement et des libertés fondamentales. Alors, même s’il fait ses adieux à l’hémicycle avec le goût amer de n’avoir pas réussi une mission, l’histoire retiendra, qu’il a essayé. Après tout, dans l’échec, il y a un enseignement pour de futurs succès. Et cette philosophie, il est impérieux que la classe politique la partage avec Houngbédji, le démocrate malgré tout.

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