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Benin / Chronique  L’Estonie pour plus de Tic !

Benin / Chronique

L’Estonie pour plus de Tic !

Angelo Dossoumou

L’Estonie. Beaucoup vous diront qu’ils ne connaissent pas et que certainement, il n’y a presque rien à tirer là-bas. Erreur. Il y a deux ans, le président Patrice Talon y était. Et si vous convenez avec moi que ce n’était pas pour un séjour touristique, c’est sans doute, pour les potentialités que regorge le petit pays dirigé par Kersti Kaljulaid. Depuis 2000, sur le plan de la gouvernance numérique en Europe, quand on parle de pôle par excellence, sans hésiter, l’Estonie est la première citée en exemple. Alors, que de là-bas nous vienne une visite d’Etat et un partenariat dans lequel le Bénin tire profit d’une expérience en matière de Tic, n’a rien d’anodin.
Ainsi dit, l’une des grosses attentes du passage à Cotonou du 4 au 6 décembre prochain de la présidente de l’Estonie, c’est évidemment que, dans un proche avenir, on assiste à des interconnexions de qualité entre les différents services et une approche plus pratique de l’utilisation des TIC dans l’administration publique. D’ailleurs, ce n’est qu’à ce prix que la dématérialisation sera une réalité et qu’elle sera véritablement au service du développement. Mais avant, il y a à reconnaître qu’une fois encore, le Bénin est honoré par une visite féminine en provenance d’un Etat stratégique. Comme les précédentes, elle révèle que notre diplomatie est active et qu’elle fait de son mieux afin que notre pays profite des meilleures expertises à travers le monde.
Toutefois, même si c’est son premier atout, la présidente de l’Estonie ne vient, sans doute pas, à Cotonou juste pour sceller le renforcement d’une coopération bénino-estonienne à propos de l’utilisation des Tic dans l’administration publique. Etant donné, pour qu’un partenariat soit viable sur le long terme, que les deux parties doivent, d’une manière ou d’une autre, trouver leurs comptes, il est clair que l’hôte du Bénin ne repartira pas chez elle, sans également négocier des opportunités intéressantes à saisir par ici.
Toute de suite et c’est souvent la caractéristique des coopérations Nord-Sud, il sera recherché du côté du partenaire estonien, les possibilités d’investissement pour ne pas dire de relations commerciales dans le pays hôte. Et, avec des matières premières dont les productions sont en net essor et bien d’autres atouts qui peuvent largement séduire du côté de Tallinn, la balle est dans notre camp. C’est dire qu’au cours de ces 72 heures de présence à Cotonou de la présidente Kersti Kaljulaid, le Bénin devra la jouer à fond pour marquer les esprits.
Et s’il est fait à la diplomatie béninoise, le reproche que depuis bientôt trois ans, elle n’a toujours pas réussi à attirer les plus puissants du monde, elle fait quand même son petit bonhomme de chemin. En plus, il est toujours préférable d’être aux côtés d’un partenaire qui vous tient en estime que d’être noyé dans la masse. Et quoiqu’on dise, la Suisse hier et l’Estonie aujourd’hui ont un plus que le Bénin. Enfin, le plus important, c’est ce qu’on gagne de la dynamisation de ces coopérations, a priori, moins ronflantes mais qui peuvent être très bénéfiques pour le Bénin. Et, c’est déjà ça.

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