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Bénin/Chronique : Spectre de radiation !

Bénin/Chronique :

Spectre de radiation !

Angelo DOSSOUMOU

 

Statistiques en flèche, ces dernières années, des grossesses en milieu scolaire et dommageables dégâts pour l’Etat et les parents. Curieusement, et on l’aura compris, à l’école, les filles, surtout celles qui ont du charme, ne sont plus en totale sécurité. Dans les rangs des briseurs de leur rêve ou de ceux qui mettent en péril leur avenir et leur plein épanouissement, on dénombre, malheureusement, de plus en plus d’enseignants.

Devant ces virus, couverts du manteau d’éducateurs, qui plombent dangereusement le taux de scolarisation des filles, des voix autorisées s’élèvent pour réclamer au gouvernement des sanctions lourdes et inoubliables. En premier, l’honorable Valère Tchobo, à travers une question orale, l’a fait. Et, face à une recrudescence préjudiciable à la promotion de la gent féminine, le ministre Kakpo Mahougnon a réagi promptement en brandissant, tout simplement, l’arme de la radiation de la fonction publique.

A n’en point douter, la décision est salutaire. Car, si on en est encore là, à déplorer le taux exponentiel de grossesses en milieu scolaire, c’est surtout faute de plainte et d’une règlementation vraiment dissuasive. Sinon, à voir l’ampleur du phénomène, les sanctions administratives ne suffisent plus. Alors, même s’il n’est pas exclu des consentements d’apprenantes majeures, il est tout à fait inadmissible qu’un éducateur, au nom de l’amour, brise des élans au lieu de les pousser à aller de l’avant.

Je veux bien que la radiation d’un enseignant, coupable d’enceinter une fille, suive le processus préalablement établi et respecte toutes les normes en la matière. Mais, au regard d’un système de compromission qui ne garantit plus l’avenir de la jeunesse et de la Nation, le ministre Kakpo Mahougnon, avec sa radiation en main, exagère à peine. Très souvent, sans état d’âme dans des relations prohibées avec leurs élèves filles, les enseignants fautifs ne méritent, à leur tour, aucune pitié.

Maintenant, une décision, fût-elle la bienvenue, ne peut pallier toute éventualité. Dans une histoire où, généralement, le méchant loup est l’enseignant, il n’est non plus exclu que le pas de trop à ne pas franchir soit du fait d’une provocatrice en kaki. Et Dieu sait combien certaines poussent leurs encadreurs à la tentation et à l’infraction. Mais désormais, avant de succomber aux charmes de leurs élèves, qu’ils n’oublient surtout pas que le spectre de la radiation du ministre Kakpo Mahougnon est dans les parages.

Du moins, l’arsenal juridique en vigueur composé notamment du Code de l’enfant et de la loi sur le harcèlement peut valablement servir. A défaut, et une fois encore, c’est le ministre Mahougnon qui l’assure, toutes les dispositions administratives et judiciaires sont déjà en route. Alors, il suffira juste d’une dénonciation des parents, dont les enfants mineures ont été les victimes sexuelles de leurs enseignants, et la machine de la radiation se mettra en branle.

Mais déjà, faudra-t-il, pour décourager à jamais les champions du droit de cuissage et autres criminels de la scolarisation et de l’évolution des filles, qu’ils le fassent. Et ça, c’est toute une autre affaire.

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