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Bénin/Chronique: Tchané courtise le Medef !

Bénin/Chronique:

Tchané courtise le Medef !

Angelo Dossoumou

Ils sont à l’affût des opportunités. Investisseurs regroupés au sein du Medef, ils étudient les possibilités de par le monde et, quand il le faut, réagissent. Ce lobby français, il est toujours bon de lui ouvrir les yeux sur des potentialités à découvrir. Et comme au Bénin, il y en a toujours eu, il ne restait alors qu’une bonne initiative pour que le Medef soit imprégné de ce qu’il a à gagner en lorgnant du côté du pays de Talon. Evidemment, l’ambassadeur du Bénin près la France, Auguste Alavo s’est activé pour créer le cadre. Et le ministre d’Etat Abdoulaye Bio Tchané s’est dépêché jeudi dernier de présenter à la cinquantaine de groupes français réunis pour la circonstance, toutes les informations utiles pour qu’ils se décident.
De toute façon, le Pag a énormément besoin d’un partenariat public-privé pour définitivement se concrétiser. C’est d’ailleurs pour cette raison que, pour plus de financement de projets de développement, Abdoulaye Bio Tchané, pendant plus de deux heures, s’est attelé à vanter les secteurs de production prioritaires pour le Bénin. Et comme on peut s’en douter, l’énergie, le tourisme, l’agriculture, l’agroalimentaire, l’économie numérique, l’éducation et la recherche tiennent le haut du tableau. Avec 61% accordés à l’investissement privé, il est clair qu’il y aura toujours de la place pour des groupes du lobby Medef.
Mais, qui parle de ces grands investisseurs, parle forcément de prudence voire même, à la limite, de préjugés. Et, tout d’abord, ce qui pourrait légitimement préoccuper dans le rang du Medef, c’est le cadre juridique. Vient ensuite, celui sécuritaire et enfin, le visage rayonnant que présente le marché. Sur ces différents points, ce ne sont pas des arguments pour convaincre qui ont manqué au ministre d’Etat Abdoulaye Bio Tchané. Des réformes pour l’amélioration du cadre des affaires et des investissements aux lois relatives au partenariat public-privé en passant par l’assouplissement des dispositions du code du travail, tout y est pour rassurer l’investisseur.
Cependant, puisque dans ce cas-ci, c’est nous qui tendons la main, il faudra alors tenir compte des doléances du Medef. Généralement, elles s’articulent autour de la réglementation locale. Car, si l’Afrique en général est une destination de prédilection pour les investisseurs, l’instabilité juridique a, de tout temps, été un souci majeur pour eux. L’autre chose, c’est la qualité de la main d’œuvre. En vérité, elle manque cruellement et, à ce niveau, si le Bénin veut rivaliser avec d’autres destinations de la sous-région, des efforts sont à accomplir.
Il n’empêche que l’initiative d’une rencontre avec le Medef, est déjà pour la diplomatie béninoise un petit exploit. Maintenant, il ne faut pas s’en arrêter à ce contact qui ne demande qu’à être renforcé. Mieux, il faut exhorter les autres représentations béninoises à l’extérieur à aller à l’école de leur collègue, l’ambassadeur Auguste Alavo. Ce qui est sûr, ce n’est pas qu’au sein du Medef que se dégageraient des intérêts d’affaires pour la destination Bénin. Ailleurs, il y en a bien d’autres. Alors, il suffira que nos diplomates s’éveillent pour que les possibilités d’investissement au Bénin reverdissent. Et quand, c’est l’une des sérieuses alternatives, malheur à ceux d’entre eux qui traîneront encore les pas.

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