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Bénin/Chronique : Vivriers recherchent débouchés !

Bénin/Chronique :

Vivriers recherchent débouchés !

Angelo DOSSOUMOU

 

Maïs, Igname, manioc…Cette année au Bénin, les récoltes sont bonnes. En flèche, la production des vivriers grimpe, et là, elle crève déjà le plafond. Et depuis la fin de la semaine dernière, officiellement, les excédents de nos vivriers sont à la recherche de débouchés. Ainsi, pour permettre aux paysans d’écouler le surplus de leur production et à l’avenir de les accroître, une fois encore, le gouvernement accourt et s’affiche en protecteur. Par conséquent, il est demandé aux forces de sécurité publique et aux douaniers de faciliter au niveau des frontières, la sortie desdits produits vivriers, notamment le maïs.

Mais avant, on aura compris que dans la discrétion, les différentes réformes pour booster la production agricole portent leurs fruits. Motivation des paysans, engrais disponibles à temps, et comme avec le coton, les vivriers se portent mieux. Sans tambour ni trompette, la révolution agricole s’installe et le Bénin de demain se bâtit. Sinon, jusqu’ici, qui ne sait pas que l’agriculture est et restera la base de notre économie ? Sans grandes ressources minières, c’est le seul atout dont dispose notre pays. D’ailleurs, les terres, ce n’est pas ce qui manque.  Cependant, quand on voit les nombreux bras valides beaucoup plus préoccupés à conduire le Zémidjan qu’à s’adonner à la terre, on peut nourrir de réels regrets. Car, la terre ne ment jamais. Et dès lors qu’il y aura une vraie politique incitative à l’investissement dans le secteur agricole, il est certain que sur le plan économique, le Bénin rayonnera.

Toutefois, gouverner, c’est prévoir. Et quand on sait que dans le dernier rapport du comité chargé de l’examen de la stratégie nationale « faim zéro », il y a 10% des ménages béninois qui sont encore dans une totale insécurité alimentaire, il y a alors lieu de ne pas trop tôt crier victoire. En outre, faute de bonnes méthodes de conservation et d’un arsenal industriel pour la transformation sur place de nos matières premières, chaque année, presque 50% de la production nationale part en fumée. Sans doute, c’est dans la dynamique de réduire les innombrables pertes causées aux paysans, que le gouvernement a opté pour l’exportation.

Mais, il y a, si je ne me trompe pas, ce qu’on appelle la « Période de soudure ». Pour ceux qui ne le savent pas, cela veut dire la période précédant les premières récoltes où la pénurie et la flambée brutale des prix sévissent. Et par rapport à cette donne, il n’y a pas si longtemps, l’Onasa et les boutiques témoins étaient des gages d’assurance. Mais là, c’est une histoire conjuguée au passé et visiblement, l’exportation est, pour l’instant, la seule voie de secours.

Justement, parlant d’exportation, je me dis qu’elle peut être aussi une porte ouverte aux spéculations. C’est pourquoi, ce ne serait pas superflu que le gouvernement pense sérieusement à réguler l’exportation des vivriers afin qu’elle n’impacte pas négativement la consommation à l’interne. Et si tant est qu’il faut des débouchés extérieurs à nos vivriers, il serait intéressant qu’un mécanisme de centralisation soit mis en place. Un peu comme cela se fait avec la filière coton, pourquoi ne pas penser à un rachat de la récolte aux paysans et aviser sur ce qu’il en adviendra. Etant donné que d’une part, l’exportation fera gagner des devises à l’Etat  et d’autre part, il faut assurer une sécurité alimentaire pérenne et permanente aux populations,  il faut donc trouver la bonne formule. Et ça, c’est au gouvernement de la chercher.

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