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Bénin/Economie : Le Comité d’organisation du SNAB dévoile les enjeux de la 17ème Edition

Bénin/Economie :

Le Comité d’organisation du SNAB dévoile les enjeux de la 17ème Edition

-LES PHARAONS-J. Hathor

Le président de l’Union des Chambres Interdépartementales des métiers du Bénin (UCIMB), donné une interview aux confrères Bénin Intelligent. Au cours de l’entretien, il a fait le point des préparatifs de la 17ème édition, et dévoilé les grands enjeux de ce salon.

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Bonjour M. le président de l’Union des Chambres Interdépartementales des métiers du Bénin (UCIMB)

Bonjour M. Le journaliste

Vous êtes le président du Comité d’organisation du 17ème Salon national de l’Artisanat du Bénin (SNAB) intitulé  » Promotion des entreprises artisanales au Bénin : contribution a la transformation structurelle de l’économie nationale ». Pourquoi le choix de ce thème ?

Merci beaucoup Monsieur le journaliste. Nous sommes effectivement entrain d’organiser le grand Salon national de l’Artisanat du Bénin dénommé SNAB 2017 placé sous le thème « Promotion des entreprises artisanales au Bénin : Contribution à la transformation structurelle de l’économie. » Ce thème est retenu parce-qu’au Bénin, les entreprises artisanales qui sont dénombrées occupent 51% des entreprises de notre pays. Cela veut dire que ces entreprises occupent une place prépondérante dans l’économie nationale. Nous avons placé cette édition sous ce thème parce-que nous pensons que si nous procédons à la promotion de ces entreprises, elles pourront plus contribuer à l’économie nationale. Puisque malgré les difficultés qu’elles ne cessent de rencontrer, la plupart de ces entreprises au niveau du secteur de l’artisanat évoluent dans l’informel. Si nous essayons de les promouvoir, elles pourront contribuer plus que ce qu’elles font déjà. Car c’est à près de 11% du Produit Intérieur brut (PIB) que ces entreprises contribuent malgré qu’elles évoluent dans l’informel. Donc en faisant leur promotion; en renforçant les capacités des maîtres artisans, nous sommes persuadés que la transformation structurelle de l’économie béninoise serait une réalité.

Quelles sont les particularités de cette 17ème édition ?

Cette 17ème édition est l’occasion de mettre en compétition les acteurs du secteur de l’artisanat. Cette fois-ci, nous avons retenu six (06) branches d’activités et on s’est dit que parmi ces six branches d’activités sur lesquelles nous faisons un focus, nous allons mettre en compétition les acteurs. La particularité est qu’au terme du Salon, nous allons primer les lauréats de chaque branche d’activité. Pour cela, nous avons élaboré des critères de sélection des meilleures œuvres par branche d’activités et au cours du salon, un jury serait installé pour véritablement évaluer par branche et retenir les lauréats qui seront primés à la fin. Donc, c’est la particularité de ce salon.

Le gouvernement a décidé cette année de confier l’organisation de ce salon aux vrais acteurs c’est-à-dire les artisans. Comment avez-vous accueilli cette démarche ?

C’est avec fierté en tant que président du Comité d’organisation et également artisan que nous avons reçu cette nouvelle. Comme on l’avait dit, on pensait qu’on nous associait pour l’organisation mais l’autorité a été ferme. Ce n’est pas une question de nous associer mais c’est une question de nous mettre au premier plan. C’est notre chose, c’est à nous de l’organiser. En cela, c’est une fierté pour nous parce-que non seulement, c’est une manière pour nous de témoigner l’importance que le Chef de l’État accorde au secteur de l’artisanat et surtout une manière de témoigner combien de fois il nous porte en tant qu’acteurs du secteur de l’artisanat, pourquoi pas de nous voir organiser nous-mêmes. C’est une fierté et je pense que nous allons tout faire pour que cela soit une réussite et pour que cette confiance soit une confiance renouvelée.

Combien de participants sont attendus à ce salon et de combien de pays viendront-ils?

Pour ce salon spécialement de 2017, nous sommes entrain d’envisager 200 stands. Cela veut dire que nous attendons 200 exposants venus de partout. Parce-que nous sommes au niveau de l’Uemoa. Nous sommes membres de la Cedeao. Tous ceux qui veulent, peuvent venir de part et d’autres pour exposer. Mais il faut faire une nuance. Il s’agit d’un salon. Un salon n’est pas une foire. Une foire est ouverte à tout le monde. C’est comme un marché public, ouvert à tout le monde. Ici, nous avons dit Salon national de l’artisanat béninois. Pour nous, le focus que nous faisons c’est d’abord sur nos acteurs eux-mêmes pour voir ce qu’ils savent faire. Ce que nous pouvons espérer de ces acteurs. Nous sommes même allés plus loin dans notre démarche d’innovation. En effet au terme de cette édition 2017, ces lauréats ou ceux-là qui auront des oeuvres très compétitives, nous allons essayer de faire un catalogue pour eux. Ce catalogue va comporter leurs contacts. Toutes les adresses de ces exposants doivent y figurer. Ainsi même pour les commandes publiques, ils seront privilégiés. C’est donc important de notifier cela. C’est l’objectif surtout que nous visons en mettant en compétition ces différents acteurs par tranche d’activités. Je disais donc que le salon n’est pas une foire. Mais pour ce salon, nous sommes entrain d’espérer nos collègues de la sous-région. Pour preuve, nous avons lancé des messages, des invitations mais il y a des coïncidences pour cette édition parce-que nos amis du Togo aussi organisent quelque chose du genre. Nos amis du Mali aussi organisent une foire. Ceux du Niger organisent aussi un salon dénommé « Safam ». Cela veut dire qu’autour de nous, les pays limitrophes organisent et c’est des coïncidences de date. Nous ne pouvons pas les empêcher. De même, ce n’est pas parce-que ceux-là organisent que nous n’allons pas organiser. C’est une activité statutaire que nous avons prévue depuis longtemps. Cela nous permettra d’évaluer à l’interne nos acteurs afin de les mettre sur le marché local et international.

Comment se porte aujourd’hui le secteur de l’artisanat dans notre pays?

Le secteur de l’artisanat se porte bien. Quand nous prenons notre secteur, c’est parmi les secteurs les mieux structurés. En terme d’organisation, en terme de structuration, il n’y a pas de problème. En terme de contribution, je l’ai expliqué plus haut. C’est donc un secteur qui se porte très bien. Voilà un secteur qui contribue à la formation des jeunes, qui contribue énormément au développement de l’économie nationale; qui constitue une solution au chômage. C’est un secteur d’avenir. Il se porte bien. Mais malgré tout, nous avons quelques difficultés. Nous avons un vaste chantier qui consiste à voir comment répertorier à nouveau nos entreprises artisanales, comment gérer le répertoire des entreprises ; comment gérer le registre des artisans. Tout cela, c’est des chantiers ouverts au niveau de l’UCIMB qui est la structure faîtière et cela permettra également de savoir, qui peut faire quoi et qui fait quoi. Cela permettra aussi de quantifier encore notre contribution parce-que ces statistiques que nous avons, datent déjà de 2008. Nous avons donc de ces difficultés pour aller concrètement au répertoire des entreprises et également au registre des artisans. Donc si tout cela se réalise, je pense que nous pourront affirmer sans se tromper que l’artisanat se porte à merveille.

Donc on peut en déduire que l’artisan béninois vit de son métier. Est-ce vraiment le cas?

Oui, l’artisan béninois vit de son métier parce-que je suis un artisan. Je vis de mon entreprise. C’est comme d’ailleurs tout artisan même le jeune coiffeur qui s’est installé dans son quartier, imaginez un coiffeur qui fait tout au moins 2000 à 3000FCFA de chiffre d’affaires par jour pendant trente jours, imaginez avec moi. Cela veut dire que l’artisan vit de son métier même si les difficultés sont là. On essaie quand-même de le faire et nous nous portons très bien.

Monsieur le président de l’UCIMB, Les artisans constituent la principale cible du projet phare du programme d’action du gouvernement sur le plan social. Je veux parler de l’ARCH, comment les artisans apprécient-ils cette nouvelle ?

Cet immense projet qu’est l’ARCH est la bienvenue pour nous en tant qu’acteurs de l’artisanat au Bénin. A toutes les occasions, nous ne cessons de le dire. Parce-que quand vous prenez l’ARCH, il y a principalement quatre (04) volets. Il y a le principal volet qui est le renforcement de capacité. Et vous comprenez avec moi que quand nous parlons de l’artisanat, l’artisan a besoin d’être renforcé, a besoin d’être formé au fur et à mesure parce-que la technologie évolue. L’artisan a besoin d’être formé pour répondre à l’exigence de la clientèle. L’artisan a besoin d’être formé pour la finesse également de ses œuvres. Donc le premier volet de l’ARCH, je pense que c’est pour nous que le Chef de l’État a bien voulu mettre cela en œuvre. Nous prenons également la question de financement. C’est le deuxième volet de l’ARCH. C’est un problème crucial pour le secteur de l’artisanat parce-que pour régler les besoins, les attentes de la clientèle, il faut pouvoir renouveler son équipement. Nous avons de ces difficultés au sein de l’artisanat parce-que nous n’avons pas un crédit adapté au secteur de l’artisanat. Le vaste programme, ARCH pour son volet financement et équipement, je pense qu’il est le bienvenu pour nous. Nous avons entendu parler plusieurs fois au Bénin des microcrédits alors qu’au niveau du secteur de l’artisanat, bien vrai nos femmes vont bénéficier de ces microcrédits mais nous entant que pères de famille à la maison, c’est l’occasion pour nous alors de renforcer nos entreprises à travers les équipements avec ce volet. Il y a le troisième volet également qui est l’assurance maladie par exemple. Nous sommes entrain de travailler pour sortir le grand nombre de l’informel, mais pour le moment ce n’est pas encore une réalité. Nous travaillons et plusieurs ne pensent pas certainement aller à la retraite. Aujourd’hui nous travaillons parce-que nous avons la force, la santé mais demain quand on ne pourra plus, cela veut dire que le problème va se poser. J’ai donné un exemple d’un coiffeur, d’un vulgarisateur qui travaillent et qui par jour peuvent avoir tel montant. C’est parce-qu’ils sont encore valides qu’ils travaillent mais à la fin quand ils seront fatigués, comment ça va se passer? Ce troisième volet, assurance retraite, c’est encore pour nous acteurs du secteurs de l’artisanat. Nous allons travailler dans ce sens pour sensibiliser, informer les acteurs du secteur de l’artisanat pour le bien-fondé de l’Arch. Vous prenez également le quatrième et dernier volet qui est l’assurance maladie. Si tu travailles du jour au lendemain, tu tombes malade. Voilà que nous ne côtisons pas pour cela. Je pense que ce quatrième volet est aussi pour le secteur de l’artisanat et en cela, nous remercions infiniment le Chef de l’État d’avoir initié ce vaste programme. Nous avons constaté que les consultants ont déjà commencé par travailler pour préparer la mise en œuvre. Et nous artisans avons émis un vœu. Nous voulons que, à l’image de ce que le Chef de l’État et son gouvernement font pour l’organisation du SNAB, que nous soyons impliqués pour la mise en œuvre de ce vaste programme qu’est l’ARCH pour sa réussite, pour le bien-être des acteurs du secteur de l’artisanat.

Avez-vous un message à l’endroit des artisans?

Chers collègues artisans! Quel que soit votre lieu d’implantation et d’activité, essayez de vous mobiliser autour des projet phares que le Chef de l’État a initiés à notre intention pour leur réussite. Cela voudra tout simplement dire de se mobiliser pour l’accompagner dans la mise en oeuvre de ses actions et ses projets. Chers collègues artisans, le grand salon, c’est notre chose. Je nous demande de nous mobiliser massivement pour venir prouver à la face du monde notre génie-créateur, notre savoir-faire. Pour prouver que nous sommes bien en amont et en aval du développement. Parce-que quand un enfant naît, c’est l’artisan qui l’entretien. C’est par l’artisanat qu’on arrive à l’entretenir à travers les vêtements ainsi de suite. Si on parle aujourd’hui du développement ou de l’émergence d’une nation, cela passera nécessairement par l’artisanat parce-que dans d’autres pays, nous avons vu, pour preuve en France, on dit comme slogan:  » l’artisanat est la première entreprise ». Mobilisons-nous pour prouver davantage que nous ne pouvons pas aller à l’industrialisation de notre pays sans l’artisanat. Que nous ne pouvons pas aller à la mécanisation de l’agriculture sans l’artisanat. C’est à nous de prouver cela. Et pour le prouver, restons soudés. Restons solidaires pour accompagner les actions du Chef de l’État. Je vous remercie.

Merci Monsieur le président !

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