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Bénin/Lutte contre la Corruption : La marche à reculons des  Forces  de l’opposition

Bénin/Lutte contre la Corruption :

La marche à reculons des  Forces  de l’opposition

Josiane BONOU

Accusées  il y a quelques jours de ne pas disposer d’un programme clair pour aider au développement du Bénin, les FCBE peinent à se prononcer sur les grands sujets de campagne, comme l’emploi ou l’assurance sociale. Mais en attendant le président d’honneur du parti a levé le voile,  sur ce qu’il pense de  la lutte contre la corruption menée par Patrice Talon. Selon lui, il faut permettre à ses anciens   collaborateurs de rentrer au Bénin, donc passer l’éponge.

C’est à Cadjehoun, au Majestic Hôtel que l’ancien Chef d’Etat a fait ses premières déclarations sur la lutte contre la corruption. Alors que lui-même est cité dans la vaste escroquerie de Icc Services, il a fait savoir qu’il faut laisser les exilés rentrer. Selon lui, « les personnes en question sont poursuivies pour des raisons politiques. »

Pourtant, le conseil des ministres du 28 juin 2017 a  été on ne peut plus clair. Il a révélé le scandale de la gestion des trois dernières campagnes   coton sous le régime  de Boni Yayi.  D’une ampleur sans précédent, l’audit commandité par le gouvernement fait état d’une dilapidation des ressources des contribuables béninois d’un montant   de plus de 125 milliards.

Quelques semaines plus tard, d’autres révélations seront faites sur la gestion des fonds mis à la disposition de l’Onasa. Ils ont été gérés   dans des conditions opaques. Plus 1,7 milliard de FCFA a été perdu dans les différentes opérations de sécurité alimentaire. Le rapport d’audit a constaté aussi,  un défaut de versement au Trésor public, d’un reliquat 2.8 milliards de FCFA pour les trois campagnes de sécurité alimentaire objet du contrôle de la mission d’audit. En ce qui concerne les ventes de riz japonais, ce reliquat s’élève à 250 millions de FCFA. Au total, 3,113 milliards de FCFA n’ont pas été retournés dans les caisses publiques entre 2012 et 2015.

A tout ceci s’ajoute le dossier FNM, ou les conclusions du rapport  d’audit de  2013 à 2016, ont révélé de graves irrégularités ayant causé des préjudices financiers d’un montant de plusieurs dizaines de milliards à l’Etat béninois.  Se reprochant surement des choses certains fonctionnaires jouissant d’une immunité ont fui le Bénin avant même leur interpellation, et se sont installés à Paris. Un opérateur économique Sébastien Ajavon a quitté Cotonou dans les mêmes conditions parce que condamné par la cour de répression des Infractions  économiques et du  terrorisme à 20 ans de prison.

Alors que pour les autres cas, la justice étudie toujours les différents dossiers et que les mis en cause ne se sont jamais prononcés, Boni Yayi demande de passer l’éponge. Une posture qui est révélatrice des conditions opaques dans lesquelles étaient gérées les affaires publiques il y a quelques années.

Après avoir marché contre la corruption en 2006, sans jamais résoudre un seul cas de détournement en dix ans , Boni Yayi deux ans après sa retraite semble vouloir opter pour le recommencement. Il est inutile de rappeler les multiples scandales qui ont émaillé son régime et dont le plus célèbre est l’affaire ICC Services. Son administration est accusée d’avoir laissé opérer des structures illégales de placements d’argent  sans  agrément, et en violation de la règlementation de la banque centrale Un procès est en cours à Porto-Novo et un des accusés à la barre  a même révélé que l’ancien Chef d’Etat avait aidé la structure Icc Services pour l’obtention de son agrément.

La déclaration de Boni Yayi sur le retour des ces anciens collaborateurs épinglés pour mauvaise gestion, ressemble à un aveu de culpabilité. EN réalité un dirigeant responsable doit être poussé par le contrôle strict de ses collaborateurs et les orienter vers la reddition de compte afin que les biens publics soient bien gérés. Visiblement ce n’est pas l’option de Boni Yayi. Il préfère la continuité.

 

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