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Interview de Modeste Kérékou à l’occasion du17ème Snab : « Placer les artisanes et artisans au cœur du projet ARCH »

Interview de Modeste Kérékou à l’occasion du 17ème Snab

 « Placer les artisanes et artisans au cœur du projet ARCH »

La Rédaction

Modeste Kérékou, Ministre des petites et moyennes entreprises et de la promotion de l’emploi, a accordé, à l’occasion du lancement de la  17ème édition du Salon national de l’artisanat du Bénin, une interview à la presse nationale et internationale. Au cours de cet entretien, le jeune ministre nouvellement installé dans les fonctions gouvernementale du président Patrice Talon il y a quelques semaines, est revenu notamment sur le 17ème Snab. Il en a profité pour livrer sa vision de ce secteur et la place qu’occupent les artisans et artisanes dans la mise en œuvre du programme d’actions du Gouvernement.

 

Les Pharaons : votre ministère organise le 17ème Salon National de l’Artisanat du Bénin (SNAB, 17ème édition) intitulé « Promotion des entreprises artisanales au Bénin : contribution à la transformation structurelle de l’économie nationale ». Pourquoi le choix de ce thème ?

Modeste Kérékou, Ministre des petites et moyennes entreprises et de la promotion de l’emploi : Le secteur de l’artisanat au Bénin se trouve actuellement au centre des préoccupations du gouvernement. Ce secteuroccupe la 3ième position après l’agriculture et le commerce en matière d’utilisation de la main d’œuvre active et de ce fait, il contribue à hauteur de 13 % (selon l’INSAE) à la formation du Produit Intérieur Brut (PIB). Ce secteur contribue efficacement à satisfaire les cinq besoins fondamentaux de l’homme que sont : se loger, se vêtir, se soigner, se nourrir et s’instruire.

L’artisanat au Bénin est caractérisé actuellement par une grande diversité des activités.Après la mise en œuvre du Code Communautaire de l’Artisanat de l’UEMOA, la nomenclature des métiers de l’artisanat du Bénin reconnaît 311 métiers regroupés en 40 corps de métiers organisés en 08 branches d’activités. Ce secteur dispose d’un grand potentiel et d’une très grande capacité qui lui permet de valoriser beaucoup des matières premières des secteurs de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche du sol et du sous-sol puis des végétaux. Ces différents métiers sont exercés par des hommes et des femmes justifiant d’une leur formation sanctionnée par un diplôme. Donc le secteur de l’artisanat au Bénin est un secteur d’entreprises, de production et de prestation de services. Ces unités destinées à la production et aux prestations constituent aussi une structure de création d’emplois et contribuent à la qualification des professionnels, des jeunes filles et garçons par la formation professionnelle initiale par apprentissage renforçant ainsi la compétence de la main d’œuvre du Bénin et réduisant aussi le chômage dans notre pays.

Ainsi, le résultat de l’étude réalisée en 2008 par l’INSAE donne quelques informations comme suit : de l’ensemble des entreprises recensées dans tous les secteurs d’activités au Bénin, 51,02 % sont du secteur de l’artisanat, soient 70 340 entreprises artisanales. On s’aperçoit alors de l’importance en matière d’effectif des entreprises artisanales. C’est donc un secteur qui constitue est un centre d’intérêt pour le développement socio-économique de notre pays.

Au regard de ce qui précède et dans la perspective de marquer des avancées déterminantes, Il revient à l’Etat de renforcer l’existant et de créer de nouveaux pôles de transformations de nos matières premières en valorisant celles-ci.

Le choix de ce thème « Promotion des entreprises artisanales au Bénin : contribution à la transformation structurelle de l’économie nationale ». » retenu pour la 17ème édition du SNAB, est un signal déterminant de l’engagement du Gouvernement actuel à accompagner la promotion des entreprises du secteur et à en faire un important pôle de développement économique de notre pays et de la sous-région conformément à l’action 16 de l’axe stratégique 4 du pilier 2 du PAG 2016-2021 intitulé « accompagner, former et professionnaliser les artisans».

 

Quelles sont les particularités de cette 17ème édition ?

La 17ème édition du Salon National de l’Artisanat du Bénin (SNAB) se déroule du 20 au 28 novembre 2017 sur l’esplanade extérieure du stade « Général Mathieu KEREKOU ».

La première particularité de cette édition est l’organisation d’un concours pour sélectionner les meilleurs produits artisanaux de six(06) branches d’activités. Il s’agit des branches d’activités :

  1. Agro-alimentaire, alimentation, restauration,
  2. Bois et assimilés, mobilier et ameublement,
  3. Textile, Habillement, cuirs et peaux ;
  4. Métaux et constructions métalliques, mécanique, électromécanique, électronique, électricité et petites activités de transport,
  5. Hygiène et soins corporels,
  6. Artisanat d’art et décoration.

Ces branches d’activités sont retenues dans le Règlement n°01/2014/CM/UEMOA portant Code Communautaire de l’Artisanat de l’UEMOA.

L’objectif de cette activité est promouvoir l’esprit de créativité des œuvres des artisanes et artisans du Bénin.

A cet effet, il sera créé un pôle d’excellence à travers l’installation d’un pavillon de la créativité pour collecter et exposer les œuvres

La deuxième particularité de cette édition est la réalisation de catalogues des meilleures œuvres artisanales sélectionnées. Ces catalogues seront mis dans des structures de l’Etat, notamment les gestionnaires de crédits des ministères.

La troisième particularité de cette édition est que le Gouvernement a décidé de confier son organisation aux acteurs-mêmes.

La quatrième particularité de cette édition est le décalage de la période de cette activité. Prévue pour se dérouler au mois d’août 2017, la 17ème édition tient actuellement au mois de novembre 2017.

 

Cette année, le Gouvernement a décidé de confier l’organisation du salon aux vrais acteurs, les artisans. Qu’est-ce qui motive cette démarche?

Le Gouvernement, après avoir longtemps méprisé le secteur de l’artisanat, reconnait depuis quelques années le rôle crucial qu’il joue dans le développement de l’économie. Ainsi, après les 16 éditions du SNAB organisées par l’administration publique, le Gouvernement actuel a décidé de rompre avec cette pratique et de responsabiliser les acteurs (les artisans) pour l’organisation de la 17ème édition. Néanmoins, l’administration jouera seulement son rôle régalien à travers des appuis techniques.

 

Monsieur le Ministre, votre nomination à la tête de ce Ministère est intervenue quelques jours seulement avant l’organisation de la 17ème édition du SNAB. Décrivez-nous le secteur dont vous avez hérité ?

Le secteur dispose d’un grand potentiel humain qui lui permet de valoriser une partie importante des matières premières des secteurs de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche. Il contribue aussi de manière très remarquable à la formation professionnelle initiale des filles et garçons déscolarisés ou non à travers un processus d’apprentissage renforçant ainsi la compétence de la main d’œuvre au Bénin et réduisant aussi le chômage dans notre pays.

Le secteur de l’artisanat béninois suscite aujourd’hui un engouement sans cesse croissant de la part du Gouvernement. Dans l’espace communautaire, il est à noter que l’artisanat du Bénin est marqué par les efforts d’amélioration des conditions-cadres entreprises, les efforts d’organisation et de structuration des acteurs socio-professionnels (CNAB, UCIMB),les réformes intervenues dans l’apprentissage à travers le Certificat de Qualification Professionnelle et le Certification de Qualification aux Métiers, la mise en place des systèmes d’autofinancement des entreprises artisanales par les artisans eux-mêmes à travers les groupements mutualistes d’épargnes et de crédits (GMEC) .

Depuis le 1er juillet 2014, l’entrée en vigueur du Règlement n°01/2014/CM/UEMOA portant Code Communautaire de l’Artisanat de l’UEMOA a ouvert des nouveaux dossiers de processus afin de mettre en conformité aux dispositions communautaires les textes nationaux. A ce niveau, il faut noter la prise de quelques textes.

Malgré les efforts du Gouvernement et des partenaires techniques et financiers pour accompagner le secteur, il faut noter la situation de crise qui règne au niveau du secteur, notamment au niveau de l’Union des Chambres Interdépartementales de Métiers du Bénin (UCIMB). Cette institution consulaire a connu au cours de l’année 2017 de nombreuses difficultés liées à la gouvernance qui l’ont affaibli.

Question n°5 : Monsieur le Ministre, comment comptez-vous transformer le secteur ?

Le cadre politique et les textes existent et ils expriment une volonté manifeste du gouvernement de mieux organiser le secteur. Ce secteur qui est pourvu d’énormes potentialités mérite d’être développé en vue d’améliorer sa contribution au PIB. Des dispositions seront prises sa concrétisation. A cet effet, il faut œuvrer pour la promotion des entreprises du secteur afin de mieux les repositionner.

 

Les artisanes et artisans constituent la principale cible du projet Assurance pour un Renforcement du Capital Humain. La fine fleur des projets phares du Programme d’actions au plan social. Comment les artisans réagissent –ils ?

Il faut noter l’adhésion des artisanes et artisans pour sa mise œuvre. Ce programme Assurance pour le Renforcement du Capital Humain viendra apporter des solutions aux problèmes que rencontrent ces artisans dans les domaines de l’assurance maladie ; de la formation, du microcrédit et de l’assurance retraite. Signalons au passage que les artisans attendent avec impatience la mise en œuvre de ce projet.

 

Quelle est selon vous la contribution des artisans au développement de notre pays ?

Le secteur de l’artisanat au Bénin contribue hauteur de 12 % du PIB. Ce secteur concourt à satisfaire les cinq besoins fondamentaux de l’homme : se loger, se vêtir, se soigner, se nourrir et s’instruire. Il occupe la 3ème position après l’agriculture et le commerce.

Il dispose d’un grand potentiel qui lui permet de valoriser beaucoup des matières premières des secteurs de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche. De ce fait il contribue de manière très remarquable à la formation professionnelle initiale  des filles et garçons déscolarisés ou non à travers un processus d’apprentissage renforçant ainsi la compétence de la main d’œuvre du Bénin et réduisant aussi le chômage dans notre pays.  C’est donc un secteur qui constitue est un centre d’intérêt pour le développement socioéconomique de notre pays. Ce secteur dans notre pays est caractérisé par une grande diversité des activités qui le compose. La configuration de la nomenclature des métiers de l’artisanat en est la preuve de l’importance numérique des artisanaux au Bénin : 311 métiers, 40 corps de métiers et 08 branches d’activités. Ce secteur contribue au recyclage des déchets solides. Il est aussi le levier de développement de l’économie locale. Le secteur de l’artisanat au Bénin au fil des années a été organisé par des textes réglementaires et législatifs.

 

Avez-vous un message à l’endroit des artisans ?

Des conclusions de cet entretien, je voudrais rassurer les artisanes et artisanes du Bénin, que le gouvernement accorde une place importante au secteur dans l’opérationnalisation du projet ARCH.J’œuvrerai pour créer un environnement d’affaire favorable à la croissance et au développement des entreprises artisanales au Bénin.

Chères artisanes et artisans, Vous savez mieux que moi que les chantiers de développement du secteur de l’artisanat sont nombreux, les uns aussi importants que les autres. Mais le Gouvernement s’emploiera toujours à trouver des solutions aux problèmes du secteur. L’une des solutions c’est le projet ARCH.

Je vous remercie !

 

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